Les filles et les mathématiques, la « menace du stéréotype »

Par dans Archives

Banner_article_filles_maths

Si l’on regarde les lauréats de la médaille Fields, la plus prestigieuse récompense pour la reconnaissance de travaux en mathématiques, pas un seul n’a été attribué à une femme depuis 1936.

En France, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), compte dans ses effectifs 16% de mathématiciennes. Dans les rangs universitaires c’est guère mieux, avec 20 % de femmes.

Les conclusions à en tirer ? Aucune, enfin pas celles que vous croyez.

Des expériences en psychologie sociale apportent un éclairage intéressant sur cette question. Des chercheurs de l’Université de Provence ont fait passer un test neuropsychologique à des écoliers et à des écolières. Ils leur ont montré la figure complexe de Rey-Osterrieth en leur expliquant qu’ils allaient devoir la reproduire de mémoire à main levée.

figure complexe de Rey-Osterrieth

La figure de Rey est composée de 18 éléments organisés en trois parties : une forme globale (le grand rectangle), des éléments externes (carrés, croix, triangles), et des éléments internes à la forme globale (lignes, ronds…). La figure de Rey est un bon outil pour étudier le degré du développement cognitif chez les enfants par l’évaluation des fonctions exécutives telles les capacités visuo-spatiales et visuo-constructives, la mémoire non verbale et la mémoire de travail, l’attention et la planification.

Lorsque l’on dit aux enfants qu’il s’agit d’un exercice de géométrie, les filles réussissent moins bien que les garçons. Mais lorsque l’on dit qu’il s’agit d’un exercice de dessin, les filles obtiennent des résultats meilleurs que les garçons alors que le test est rigoureusement le même dans les deux cas.

Autrement dit, la seule évocation de la géométrie, référence directe aux mathématiques, a constitué un obstacle pour les filles dans le cadre de cette étude. Tout se passe comme si très tôt les filles intégraient l’idée-reçue selon laquelle elles seraient moins bonnes en mathématiques au point qu’elles perdent leurs moyens devant une épreuve du genre. D’autres études de ce type aboutissent à des conclusions similaires.

À qui la faute ? Un peu tout le monde. Mais puisque ce blog s’adresse principalement aux enseignants voyons quel rôle vous pouvez jouer.

Sachez tout d’abord que l’entretien de ce stéréotype est insidieux. Des chercheurs ont mené des études dans des classes et ils ont observé que dans cette discipline, statistiquement les enseignants interrogent un petit peu moins les filles que les garçons, et que lorsque les filles prennent la parole, ils les incitent à parler moins longtemps. Les chercheurs ont fait ses observations sur les enseignants qui n’ont absolument pas conscience de cette différence de traitement et qui souhaiteraient sincèrement qu’il y ait davantage de femmes dans ce domaine.

Le concept de menace du stéréotype relève de l’étude des stéréotypes dans le domaine de la psychologie sociale. Il représente l’effet psychologique qu’un stéréotype peut avoir sur une personne visée par celui-ci. Voilà pourquoi il est nécessaire d’informer les enseignants sur cette question et les inciter à proposer des modèles de réussite aux filles pour qu’elles puissent davantage se projeter et imaginer faire carrière dans cette discipline.

0 commentaire

Laisser une réponse