Capter l’intérêt en pédagogie

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Nous avons récemment lu un article d’Annie Murphy Paul (qui a déjà inspiré un autre billet sur le blogue Netmaths) portant sur le pouvoir considérable de l’intérêt.

Stimuler l’intérêt de nos utilisateurs, les élèves, et aider leurs enseignants et parents à faire de même est réellement au cœur de nos préoccupations. Pour ce faire, nous avons recours à de nombreux procédés; explications différentes du même concept, supports concrets, variété de réponses, situations concrètes, etc. Par exemple, dans l’activité Multiplier des fractions avec un support concret, les élèves ont accès à de nombreux supports visuels interactifs.

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Nous nous sommes également efforcés de fournir une variété de réponses et différentes représentations des nombres décimaux dans l’activité Nombres décimaux et pourcentages.

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Toutefois, si nous faisons tout en notre possible pour aider les enseignants à capter l’attention de leurs élèves, il est particulièrement plus difficile de susciter et de maintenir l’intérêt des élèves dans le cadre de leurs apprentissages en mathématique. Cet article donne justement quelques pistes applicables aux mathématiques ainsi qu’à plusieurs autres sujets abordés en éducation.

Nous avons traduit les passages du billet qui nous ont le plus (clin d’œil) intéressés :

Le pouvoir de l’intérêt

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Au cours des dernières années, des chercheurs ont commencé à établir une science de l’intérêt; en définissant le terme même, la façon dont l’intérêt se développe, qu’est-ce qui fait qu’un sujet est intéressant et comment cultiver l’intérêt pour nous-mêmes et pour les autres. Ils découvrent que l’intérêt nous aide à avoir l’esprit plus clair, une compréhension plus profonde et une mémoire plus précise. L’intérêt a le pouvoir de transformer positivement les moins performants, mais aussi d’élever les performants vers de plus hauts sommets.  

Mais comment peut-on définir l’intérêt? Il s’agit en fait d’un état psychologique d’engagement qui se vit dans le moment présent et qui sous-tend une prédisposition à s’impliquer de façon continue dans des événements, idées ou sujets au fil du temps. Pourquoi ressentons-nous l’intérêt? Paul Silvia, de l’Université de la Caroline du Nord, suppose que l’intérêt agit comme une « pulsion de rapprochement » qui repousse les « pulsions d’évitement », ces dernières nous contraignant à ce que nous considérons comme connu ou prudent. Nos intérêts nous poussent vers ce qui est nouveau, avant-gardiste ou exotique. Selon M. Silvia, l’intérêt diversifie les expériences. L’intérêt permet également de focaliser l’expérience; dans un monde trop plein d’information, l’intérêt restreint nos choix en dirigeant notre attention sur ceci et non cela.

[…]

Maintenir l’intérêt

S’il faut capter l’attention et exercer une stimulation pour éveiller l’intérêt, le maintenir nécessite de trouver une signification et un objectif plus profonds à l’exercice de cet intérêt. Il faut somme toute être prudent. Des recherches ont prouvé que de conférer une signification à un sujet en soulignant son utilité future peut produire l’inverse de l’effet désiré. Par exemple, dans le cadre d’une étude, Judith Harackiewicz [de l’Université du Winsconsin] et ses coauteurs ont révélé à des étudiants que les mathématiques seraient nécessaires dans leur vie adulte. Cette intervention a en fait affaibli l’intérêt en maths des étudiants qui ne se considéraient pas comme doués dans ce sujet, puisque ces derniers se sentent menacés par leur manque de compétence et en viennent à abandonner.

Mme Harackiewicz et d’autres chercheurs ont eu plus de succès lorsqu’ils encourageaient des étudiants à faire des liens eux-mêmes pour découvrir la pertinence, dans leur vie, des sujets abordés en classe. Dans une étude de 2010, Mme Harackiewicz et ses collègues ont demandé à des étudiants de niveau universitaire de faire un exercice d’écriture portant sur la façon dont les mathématiques joueraient éventuellement un rôle dans leur vie (une autre expérience portait sur la psychologie). Au cours de l’expérience, les participants devaient notamment apprendre un procédé mathématique puis écrire un court essai d’un à trois paragraphes décrivant brièvement la pertinence potentielle de ce procédé dans leur vie ou dans celle des autres étudiants.

Cet exercice a conduit les participants à s’intéresser aux sujets sur lesquels ils écrivaient, cet effet étant d’autant plus fort chez les participants qui disaient initialement qu’ils n’étaient pas bons et qu’ils ne se sentaient pas compétents en maths ou en psychologie. Mme Harackiewicz a nommé cet exercice « intervention de valeur », puisqu’il aide les étudiants à voir la valeur de ce qu’ils apprennent. L’exercice peut être utilisé par des parents sans être aussi formel; on peut simplement introduire le sujet dans une conversation. Par exemple, lorsque vous posez la question : « Qu’est-ce que tu as appris à l’école aujourd’hui? », dans la voiture au retour à la maison ou pendant le souper, vous pouvez poursuivre par : « Comment penses-tu que les gens utilisent cette connaissance dans leur travail? » ou bien : « Qu’est-ce que cette compétence pourrait t’aider à faire? ».

[…]

Nous croyons tout de même qu’il est nécessaire de mettre la puce à l’oreille de certains élèves en leur donnant accès à des exercices où ils pourront comprendre comment utiliser des formules ou des procédés mathématiques dans la vie de tous les jours. Par exemple, dans l’activité Explorer le volume et l’aire totale d’un prisme, on va au-delà de l’abstraction des maths et on place l’élève dans des situations réelles pour qu’il résolve des problèmes qu’il aura peut-être à rencontrer au cours de sa vie adulte!

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Par la suite, il sera plus facile pour eux de réfléchir aux différentes (et oh combien nombreuses!) façons de se servir des maths dans le futur. Libre à vous, parents et éducateurs, de les questionner sur les liens qu’ils auront déduits eux-mêmes!

Pour lire l’article au complet (en anglais) :

http://anniemurphypaul.com/2013/11/the-power-of-interest/